Petite histoire de l’immigration percheronne

Ils se nommaient Tremblay, Gagnon, Juchereau, Drouin ou Boucher et venaient de Tourouvre, du Pin-la-Garenne ou de Mortagne-au-Perche… Au XVIIème siècle, ils tentent l’aventure de la Nouvelle-France. Trois siècles plus tard, les liens entre le Perche et le Canada sont toujours solides, en témoignent les nombreux descendants de ces illustres pionniers qui reviennent chaque année sur les traces de leurs ancêtres.

Hommes, femmes, seuls ou en famille, artisans, bûcherons, laboureurs, « filles du roi », religieux, soldats, marins, ils ont été les premiers, au XVIIe siècle, à peupler le Canada.

Vitrail de l’église de Tourouvre : Depart de Julien Mercier pour l’Amerique en 1647

Ils sont partis de Bretagne, de Poitou, d’Ile-de-France, de Normandie (etc.) et du Perche. Ils ont affronté une traversée transatlantique, défié les hivers, défriché et bâti les premières maisons sur les rives du Saint-Laurent. Avec courage, ils ont tenté et réussi l’aventure du Nouveau Monde. Leurs lieux d’implantation furent Québec, la Côte de Beaupré, l’île d’Orléans à partir de 1634,  puis Montréal. 

Sous l’impulsion du médecin apothicaire Robert Giffard (membre de la Compagnie des Cent Associés) et des frères Juchereau, riches négociants de la Province du Perche, Tourouvre fut, avec Mortagne-au-Perche, Saint-Cosme-en-Vairais et une trentaine d’autres paroisses de la province, l’un des foyers d’émigration les plus actifs.

Entre 1629 et 1634, Robert Giffard, revenu au pays, veut convaincre maçons, tuiliers, menuisiers, bûcherons à le suivre. De salles d’auberges en veillées au coin du feu, il raconte, parvient à susciter des vocations. Par sa force de persuasion, il obtient leur adhésion à ce projet fou. Ils le croient sur parole. Au printemps de 1634, une trentaine d’entre eux vont tout quitter. D’autres les rejoindront au fil des années suivantes.

Ces premiers émigrants venus du Perche connaissaient parfaitement la forêt. Il leur fallut pourtant affronter d’abord l’océan et ses tempêtes. Sur place, ils durent cohabiter avec les populations amérindiennes. Ces émigrants ne connaissaient qu’un climat tempéré, ils durent affronter des hivers aussi rudes qu’interminables. Accoutumés à emprunter des chemins ombragés, à traverser à gué de modestes ruisseaux, ils furent dans l’obligation de se déplacer en canot, d’affronter les glaces et les rapides. Leur détermination (et la solidarité de la communauté percheronne) leur permit de s’établir, de construire, de défricher, de fonder un pays.

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